Les massages (1)

Photo de Katia sur Fotomelia

Le mot tel que nous le connaissons aujourd’hui a été emprunté au 18e siècle à l’arabe massa qui signifie « toucher, palper ». Les voyageurs de l’époque ont rapporté le terme de leurs expéditions en Orient où le toucher était sûrement bien plus pratiqué que dans la prude Europe.

Mais le massage n’est pas l’apanage des pays du Soleil Levant. De tout temps, l’homme, ainsi que certains animaux, ont utilisé le contact physique comme moyen de communication. Lécher, épouiller, caresser, laver, se blottir, chatouiller, embrasser, frotter, sécher, palper, câliner, gratter, allaiter, dorloter, bercer, créent d’innombrables occasions de contact corporel qui permettent de cimenter les rapports sociaux du groupe, d’influencer le comportement d’un autre individu, de stimuler les fonctions organiques et le développement physique du petit. « …ces observations signifiaient que l’animal nouveau-né devait être leché pour pouvoir survivre. Si, pour une raison quelconque il ne pouvait pas l’être, surtout dans la région péri-anale (située entre les parties génitales et l’anus), il était susceptible de mourir d’une déficience de fonctionnement du système génito-urinaire et/ou du système gastro-intestinal« . (La peau et le toucher, Ashley Montagu, éd. Seuil, p. 21)

Dans de nombreuses cultures, comme chez les Eskimos, les peuples en Afrique, en Asie, le bébé est/était porté à même la peau maternelle ou maintenu sur le dos (pour dormir) ou le côté dans un tissu. Bébé est ainsi protégé des prédateurs et les mamans peuvent continuer leurs activités, les peuples nomades peuvent se déplacer avec plus de facilité.

En Afrique et en Asie des milliards de mères portent leur enfant jusqu’à ce qu’ils soient capables de marcher. Bien que la plupart d’entre eux ne portent jamais de langes, il est très rare que ces enfants se salissent. Les mamans ressentent une légère hausse de température ou une petite augmentation de l’humidité de la peau, une inquiétude ou encore une tension chez leur bébé. Elles savent quand il est temps de chercher un petit espace pour les besoins de l’enfant. Grâce à cette proximité et à leur sensibilité, elles n’ont pas besoin de se servir de langes.

Ces bébés portés se sentent en sécurité. Le contact corporel permanent est sécurisant. La stimulation constante de la peau détend. » (Le toucher, un besoin vital – Marijke Sluijter, Editions Chronique sociale)

Image by Carmem Cândido Rodrigues Carlotinha from Pixabay

En Europe, à partir du Moyen-Age, on a peu à peu abandonné le portage et la proximité avec l’enfant qui dort dorénavant dans un berceau. Au 19e siècle, le mouvement s’accélère avec l’industrialisation. Hygiène, landeau, biberon, chambre de bébé, accouchement à l’hôpital, ont appauvri les contacts tactiles de nos sociétés « modernes ».

Pourtant, le bébé a un besoin vital d’être touché et porté. Le nourrisson qui n’est pas suffisemment ou pas du tout touché développe d’importants handicaps ou meurt, même si tous les autres besoins sont comblés. Les enfants de Ceausescu en sont une terrible exemple.

« L’enfant en carence affective passe par différentes étapes : le premier mois de séparation, il pleure, crie et cherche le contact. Le deuxième mois, il dort mal, perd du poids, sa croissance est ralentie. Le troisième mois, il semble détaché, indifférent et ne témoigne plus aucun intérêt ni pour les personnes ni pour le monde extérieur. » (https://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-hospitalisme-le-syndrome-des-pouponnieres_332.html

Au delà de l’âge de six mois, les conséquences des carences sont irréversibles et proportionnelles à la durée du traumatisme: faible quotient intellectuel, zones cérébrales moins développées, troubles de sociabilité, troubles pathologiques.

La peau représente l’organe le plus étendu et le plus visible de notre corps. Elle représente en moyenne 1,5 à 2 m carrés chez un adulte. Véritable barrière défensive, elle protège notre organisme contre la pénétration de micro-organismes, d’agents toxiques, des UV, des agressions mécaniques. Elle assume également le rôle de médiateur entre l’extérieur et notre cerveau à qui elle transmet une multitude d’informations: température, toucher, douleur, démangeaisons.

La peau nous permet également de participer à la communication sociale. Elle est le reflet de nos émotions, de nos maladies internes, de nos réactions aux modifications de notre environnement. Rougeurs, chair de poule, pâleur, acné, herpès, psoriasis, eczéma … parlent pour nous qu’on le veuille ou non. Elle raconte également notre vie: cicatrices, rides, grain disent nos souffrances, notre chemin parcouru …

Image by analogicus from Pixabay

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