La thérapie

Une thérapie ? Mais je ne suis pas malade !

Laissez moi vous raconter une histoire …

Il était une fois un voyageur courageux et plein de bonne volonté. Un beau jour il débarque dans un pays parfaitement inconnu. Il n’a d’autre choix que celui d’avancer et de le traverser. Avant de partir, il a reçu tout ce qu’il lui faut pour faire la trajet jusqu’au bout. Matériel, outils, trousse de secours, cordes, cartes, GPS (c’est un conte moderne), bref, tout ce dont il pourrait avoir besoin se trouve là, dans sa besace.

Tout au long de son voyage, il rencontre des gens qui lui prodiguent des conseils, l’aident et le soutiennent du mieux qu’ils peuvent. D’autres lui mettent des barrières, ou lui inspirent des craintes, le forçant ainsi à prendre une direction improvisée, en tout cas non désirée où il s’ennuie et s’épuise. Presque tous lui donnent un souvenir qu’il met – plus ou moins consciemment – dans sa sacoche. C’est une sacoche très extensible et, au fil du temps, elle devient de plus en plus énorme, de plus en plus lourde et, étrangement, de plus en plus invisible. Pourtant, malgré le poids, le voyageur continue à marcher, de plus en plus contraint de se courber et de faire des choix de route en conséquence… de plus en plus limités.

Le chemin est parfois plus chaotique, jonché de pierres sur lesquelles il trébuche, d’obstacles qui le ralentissent ou de marécages dans lesquels il s’enfonce. Les jours, les mois et les années passent. Il a changé. Il a perdu son entrain. Il est devenu terne et sans ressort. Il ne voit plus la beauté dans ce qui l’entoure. Il ne s’émerveille plus. Il marche comme un automate. Il subit la vie et en veut au monde entier. Il se demande ce qu’il fait là, à quoi rime tout ce voyage et il a envie d’abandonner. Même son corps se met à exprimer sa souffrance et lui parle dans la langue des symptômes en espérant qu’ils seront décodés.

Chaque voyageur a des limites, des résistances, des sensibilités qui lui sont propres. Certains demandent facilement de l’aide, d’autres préfèrent se débrouiller seuls. Chacun vit le voyage à sa façon, en fonction de ses blessures, du poids de son sac, de ses rencontres. Il n’y a pas de bon ou de mauvais voyage. Chaque voyage est une expérience dont on apprend, qu’on le veuille ou non, qu’on en soit conscient ou pas.

Le thérapeute est lui aussi de passage dans ce pays qu’il aime sillonner et découvrir. Tel un guide de haute montage, il connait (plus ou moins, avec beaucoup d’humilité) les sentiers, la faune et la flore, les passages et les obstacles à franchir. Il accueille le voyageur et lui permet de se poser. Physiquement, moralement, verbalement. Il est attentif aux besoins et aux attentes de son hôte. Il lui permet de déposer son sac, de le vider, souvent pour la première fois. Le voyageur peut alors enfin prendre conscience de ce qu’il transporte depuis si longtemps, de se libérer de l’inutile et de découvrir sous tout cet entassement d’incroyables ressources et capacités pour continuer le voyage de manière beaucoup plus sereine … et légère.

Chaque voyageur est responsable du déroulement de son voyage. Les décisions et les choix lui appartiennent toujours, même s’ils ne sont pas faciles à prendre. Personne d’autre, aucun thérapeute, ne fera le chemin à sa place. Il n’y a pas de baguette magique pour arriver au but sur un tapis volant (même pas avec l’hypnose :-)) . Le thérapeute est uniquement là pour permettre au voyageur de réaliser qu’il possède déjà tout ce qu’il faut pour continuer à avancer.

La thérapie c’est un voyage vers Soi, vers qui on est vraiment derrière les croyances et les peurs, c’est apprendre à assumer ses responsabilités, donc grandir et enfin devenir adulte.

%d blogueurs aiment cette page :